Essai
reproduit avec l'aimable autorisation de Moto-Station

Cinquième
du nom, cette nouvelle Gold Wing cumule les records !
Elle est notamment la plus grosse cylindrée de route
jamais produite, mais aussi l’une des plus
prestigieuses, confortables et chères…
Si quelques motos ont plus particulièrement marqué
l’histoire de Honda, les Gold Wing tiennent
incontestablement parmi celles-ci une place à part.
D’abord par leur technologie très inspirée de
l’automobile (cylindres à plat refroidis par eau,
entraînement de distribution par courroies, transmission
par arbre et cardan). Mais aussi par leur vocation de
grandes routières confortables et suréquipées, à l’image
des Harley Davidson, qu’elles sont surtout sensées
concurrencer sur le marché US (toutes les GL sont
produites aux USA depuis 1979). La première Gold Wing
est apparue en 1974, dotée d’un 4 cylindres opposés à
plat (flat four) de 1000 cm3 pour un poids total de 265
kg à sec. Aujourd’hui, la toute dernière représentante
de cette longue lignée revoit ces chiffres très à la
hausse. Puisque son moteur totalise désormais 6
cylindres à plat pour un total exact de 1 832 cm3 et 363
kg à sec… Fini la routière confortable des débuts, cet
engin impressionnant nous fait entrer de plain pied dans
un univers où le luxe côtoie le high tech, et
l’efficacité le plaisir, loin de toute mollesse…
Un régime d’automobile
Avant même
les premiers tours de roues, la Gold Wing requiert un
premier apprentissage. Les commodos regorgent de
boutons, tout comme la platine de commandes audio située
sur le (faux) réservoir. Cruise control, fader,
changement de stations radio ou CD (6 !) , RDS, tout est
là, à portée de doigts et bien plus. Devant soi, un
premier écran à cristaux liquides renseigne sur le type
de source audio sélectionnée, les réglages de
l’égaliseur, les kilométrages totaux et partiels. Puis
enfin, on revient à des considérations nettement plus
mécaniques avec le compteur (gradué jusqu’à 240 km/h… )
et surtout le compte-tours dont la zone rouge débute
seulement à 6 000 tr/min… Un régime utilisable digne
d’une automobile ! Il est temps de prendre ses marques à
bord. Les deux longues branches du guidon viennent à
soi, très naturellement. Calé dans l’épaisse selle
ponctuée d’un généreux bourrelet, on pose un pied
timidement sur l’un des larges repose-pied, enclenche la
première tout en lâchant la commande d’embrayage
doucement. C’est parti. Finalement bien plus facile que
son gabarit le laisse penser, la GL se manie pour
l’instant en souplesse, sans gros efforts. Le centre de
gravité semble bas et procure un sentiment de stabilité
rassurant à basse vitesse. Le moteur délivre déjà une
musique très agréable, pleine et harmonieuse. Magie du 6
cylindres. Très souple, il accepte de reprendre à bas
régime sans hoquet. A peine le sent-on grogner dans la
transmission, sans doute pour mieux rappeler qu’il ne
compte pas donner dans la figuration. Ce « flat 6 » est
un vrai moteur qui s’affranchit des presque 400 kg de la
bête (avec les pleins) avec une facilité
enthousiasmante, à un régime inhabituel sur une moto. A
4 000 tr/min, la « Gold » croise à 150 km/h compteur et
peut assurément faire beaucoup mieux. En maintenant la
poignée vissée jusqu’à près de 5 500 tr/min, la longue
accélération est vraiment copieuse, le chant des six
pistons plus harmonieux que jamais… Un régal.
Doucement en entrée de virage
Déjà
Hendrix balance ses riffs de guitare dans les hauts
parleurs. Ce n’est pas de la hifi certes, mais une
qualité sonore digne d’un bon radio cassette dans cet
environnement balayé par le vent et autres grondements
mécaniques… Il n’en reste pas mois qu’écouter pareil
génie sur une Gold Wing en croisière sur l’autoroute
devient vite une drogue, une philosophie très
particulière mais passionnante et… reposante. Porté par
des suspensions confortables mais suffisamment freinées
en hyrdaulique, l’engin fait montre d’une tenue de cap
miraculeusement saine pour un tel gabarit. Le freinage
est tout aussi louable. Le fameux système Dual-CBS qui
combine les freins avant et arrière sur une seule
commande (au pied et au guidon) offre une puissance
largement suffisante et un bon feeling. Associé à l’ABS
de série, voilà qui permet de renforcer un sentiment
général de sécurité très présent. Conçue et fabriquée
aux et pour les Etats Unis, la GL 1800 se régale
naturellement de longues lignes droites et de courbes.
Mais elle sait aussi s’adapter au réseau secondaire, à
condition d’y mettre les formes. Ce qui consiste dans la
pratique à anticiper en permanence. Malgré sa nouvelle
géométrie et une selle positionnée plus en avant de
façon à bénéficier d’une répartition des masses
davantage « sportive », l’engin réclame une conduite
coulée et surtout une vitesse adaptée en entrée de
virage. L’avant lourd, doublé de l’inertie de
l’ensemble, peut être difficile à inscrire exactement
sur la trajectoire choisie. Tandis que la garde au sol
limitée (mais suffisante la plupart du temps) peut vite
entraîner l’équipage à l’extérieur d’un virage négocié
trop vite. Mieux vaut alors gérer le rythme au frein à
la pédale, qui permet de reporter davantage de puissance
sur la roue arrière sans trop planter l’avant et donc
geler la direction. Voilà qui aide grandement à
maîtriser la Gold Wing, à tel point qu’on en vient
presque à se passer du frein avant au quotidien ! En
ville, il faut s’habituer à la selle qui « casse » les
cuisses et oblige à s’avancer lorsque l’on veut poser
les pieds bien à plat au sol. Dans les maoeuvres à basse
vitesse entre les voitures, c’est moins la largeur des
sacoches ou les rétros (plus hauts que les rétros
automobiles) que la longueur de la machine et son rayon
de braquage importants qui posent problème. Une nouvelle
fois, mieux vaut prendre l’habitude de se ménager au
moins un porte de sortie…
Grande bourgeoise
Mais voilà
aussi une thérapie fort agréable, qui oblige à délaisser
la vitesse pure pour les joies d’une conduite soft sur
une machine d’exception équipée intelligemment. Les
plaisirs du duo prennent là toute leur dimension.
Royalement calé contre le dossier et maintenu
latéralement, le passager bénéficie d’une attention
maniaque et unique sur un deux roues ! De quoi
rabibocher bien des couples… Machine à rouler, la Gold
Wing 1800 améliore sensiblement les prestations de sa
devancière (la 1500 GL) tout en cultivant une
personnalité unique sur le marché. Plus saine en tenue
de route, dotée d’un moteur puissant mais facile à
utiliser, dorénavant moins massive dans ses lignes, elle
reste plus que jamais l'une des grandes dames de la
moto, efficace et utilisable quotidiennement. Dommage
que son prix ait subi une sérieuse hausse. C’est sans
aucun doute ce qui risque de lui causer le plus de tort
face à la BMW K 1200 LT, sa concurrente européenne plus
« sportive » dans son comportement et surtout nettement
moins chère…
Le
changement le plus visible est incontestablement le
nouvel habillage de cette Gold Wing, aux formes plus «
bio » et douces. Celui-ci annonce une aérodynamique
meilleure de 10%. Plus ergonomique, la selle du pilote
située à une hauteur de 740 mm offre aussi plus de place
au passager (longueur + 50 mm). Commandée par un petit
boîtier électronique faisant aussi office de porte-clé,
la bagagerie offre une contenance totale de 147 litres !
Le top case peut accueillir deux casques intégraux et le
lecteur de CD prévu en option dans une trappe
spécialement réservée à cet effet. Les couvercles sont
retenus par des vérins hydrauliques, tandis que les
manettes d’ouverture sont toutes centralisées sous le
top case. La Gold Wing offre d’ailleurs un équipement
pléthorique. Ainsi, les commodos comportent tous les
réglages de radio et de lecteur de CD, mais aussi le «
cruise control » à droite. On trouve aussi une fenêtre à
cristaux liquides pour visualiser les fonctions liées à
l’équipement audio et les kilométrages, ainsi que les
jauges de température et d’essence à droite du compteur
principal. A gauche, sur le retour de carénage, une
console permet de régler électriquement l’azimut des
phares mais aussi de durcir le réglage de compression de
l’amortisseur arrière en fonction de la charge. Bien
sûr, comme la plupart des gros cubes Honda, la Gold Wing
est équipée du système anti-démarrage par clé codée
électronique.
312 cm3 en plus, 9 kg en moins
Côté gros
œuvre, cette 1800 partage juste la base moteur avec sa
devancière. L’accroissement en cylindrée a été obtenu
par augmentation de la course et du diamètre des
pistons, 74 x 71 mm contre 71 x 64 mm pour la 1500. Ce
choix influe directement sur sa puissance, supérieure de
18 ch. (en version full power) mais aussi sa valeur de
couple. Révolution, la commande de distribution
abandonne la courroie qui distinguait les Gold Wing
depuis le premier modèle pour une chaîne silencieuse
avec tendeur automatique ! Bien sûr, le passage à
l’injection électronique est aussi une avancée
marquante, associée à un échappement catalysé. Le moteur
perd aussi son unique radiateur frontal au profit de
deux éléments latéraux, dégageant ainsi de l’espace
derrière la roue avant. Voilà qui contribue à le ramener
plus en avant dans le cadre et donc à avancer le centre
de gravité pour un comportement plus vif.
Le cadre en aluminium est complètement inédit. Il
associe deux larges poutres latérales à un double
berceau pour un poids total inférieur de 11 kg à celui
du précédent modèle en acier. Le moteur maigrit quant à
lui de 1 kg. Si bien que cette 1800 Gold Wing est plus
légère de 9 kg que l’ancienne 1500.
Côté
freinage, elle reprend le fameux système combinant les
étriers avant et arrière à une seule commande au pied ou
au guidon. Ce Dual-CBS est associé ici à un antiblocage
des roues (ABS) et fournit aussi la pression hydraulique
nécessaire au système d’anti-plongée de la fourche.
Complexe d’un point de vue technique, l’ensemble donne
un résultat étonnant sur route. Il participe grandement
à stabiliser bien en ligne les près de 400 kg de la GL
1800 sur les gros freinages, tout en limitant (autant
que possible) les transferts de masse sur l’avant. Ce
qui se montre intéressant pour inscrire sans trop forcer
la moto en virage tout en la freinant avec la commande
au pied.
Bref, citons le nouveau monobras aluminium intégrant la
transmission par arbre et cardan, la marche arrière
entraînée par le démarreur électrique, le pare-brise
réglable sur une hauteur de 100 mm, l’éclairage équipé
de quatre ampoules fonctionnant de concert en mode plein
phare, la possibilité de brancher une source extérieure
à l’équipement audio (baladeur, mini disque), ou la
longue liste d’options (chargeur CD, antennes radio,
intercom, déflecteurs, becquets, poignées chauffantes,
nombreux enjoliveurs chromés, etc.). Mais sans doute,
avons-nous encore oublié quelque chose…
Les devancières

Honda GL 1000 (1974)
4 cylindres opposés à plat, refroidi par eau, 4
carburateurs diam. 32 mm, puissance 82 ch., empattement
1 545 mm, poids à sec 265 kg, vitesse maxi 200 km/h,
prix 20 060 F
Honda GL 1100 DX (1980)
4 cylindres opposés à plat, refroidi par eau, 4
carburateurs diam. 30 mm, puissance 83 ch., empattement
1 605 mm, poids à sec 311 kg, vitesse maxi 200 km/h,
prix 26 500 F

Honda GL 1200 Aspencade (1984)
4 cylindres opposés à plat, refroidi par eau, 4
carburateurs diam. 32 mm, puissance 94 ch., empattement
NC, poids à sec 325 kg, vitesse maxi 197 km/h, prix 74
903 F

Honda GL 1500 (1988)
6 cylindres opposés à plat, refroidi par eau, 2
carburateurs diam. 33 mm, puissance 100 ch., empattement
1 690 mm, poids à sec 372 kg, vitesse maxi 178 km/h,
prix 108 000 F

Honda GL 1800 (2001)
6 cylindres opposés à plat, refroidi par eau, injection
électronique, puissance 107 ch. (full power 118 ch.),
empattement 1 692 mm, poids à sec 363 kg, vitesse maxi
env. 200 km/h, prix 169 990 F
Moteur : 1 832 cm3, 6 cylindres
opposés à plat, refroidi par eau, 1 ACT et 2 soup./cyl.,
injection électronique, 5 vitesses (+ marche arrière
électrique), transmission par cardan
Puissance 118 ch (87 kW) à 5 500 tr/min, couple 16,7
daN.m à 4 000 tr/min
France : puissance 107,3 ch. (78,9 kW) à 5 000 tr/min,
couple 16,3 daN.m à 3 000 tr/min
Partie-cycle : cadre périmétrique en alu, fourche
télescopique, monoamortisseur AR, freins Dual CBS-ABS AV
2 disques / étriers 3 pistons - AR disque / étrier 3
pistons, pneus AV 130/70 x 18 - AR 180/60 x 16
Gabarit : empattement 1 692 mm, chasse 109 mm /
angle 29,25°, hauteur de selle 740 mm, réservoir 25
litres, poids à sec (usine) 363 kg
Performances : vitesse maxi env. 200 km/h,
accélération 400 DA env. 13 s, conso moy. de l’essai 8
l./100 km
BMW K 1200 LT
Harley-Davidson 1450 Ultra Classic Electra Glide
Yamaha XVZ 1300 TF Royal Star Venture

169 990.00 Frs TTC
Essai reproduit avec l'aimable autorisation de
Moto-station.com
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